Systèmes de présentation et nouveaux médias abordés et pondérés dans un nouveau contexte

- Magazine -, Réflexions autour du REL

L’introduction de nouveaux médias dans l’enseignement au milieu des années 80 a eu un certain impact sur les méthodes employées par les enseignants. Pourtant, à cette époque, il ne s’agissait alors que de médias comme les films, les séquences audiovisuelles.

On a ensuite commencé à informatiser les systèmes de présentation, le discours. Aujourd’hui l’apprentissage en ligne a une nouvelle importance. L’apprentissage en ligne est une manière d’enseigner basée sur des technologies, informatiques entre autres. 

Le rôle de l’enseignant n’est plus à jouer sur une scène, son rôle doit être redéfini. Möhrle parle également « d’apprentissage dans le changement » et du « changement de l’apprentissage ». Lui aussi est convaincu que les nouvelles technologies de l’information et de la communication modifient les principes de l’enseignement et de l’apprentissage.

Elliott Masie (The Masie Center), lors d’une conférence à Atlanta en 2000, sur le futur de l’apprentissage en ligne, pronostique même que le mode de diffusion aura bientôt plus d’importance que le contenu véhiculé. Pour lui, tout enseignement a vocation à être véhiculé par l’Internet et l’outil informatique. 

Ainsi, l’enseignement reste contenu momentanément encore, tandis que l’apprentissage en ligne n’est encore que dans sa phase initiale. La méthode d’apprentissage est influencée par différents facteurs.

Le jargon spécialisé américain prédomine actuellement dans les désignations, du elearning, ou e-learning, avec ou sans majuscule, aux Computer Based Training (CBT), Learning Management System (LMS), Virtual Classroom nous plongeant dans le monde des Web Based quelque chose, etc.. Les mots incompréhensibles font toujours plus savants.

Finalement, pourquoi ne pas prendre des noms japonais, ou même des Telelernen, des LernCDROM, des Дистанционное образование, des компьютер базировал обучение, pour parler de элернинг, somme toute, d’訓練在線 ? Vous ne comprenez rien ? Vos lecteurs non plus. Cela reflète probablement la complexité du métier d’enseignant aujourd’hui. La technologie omniprésente efface le sens véhiculé par le contenu. Elle multiplie le nombre d’intermédiaires entre le contenu et l’apprenant. Que dire des systèmes d’évaluation nouveaux ? Tenez, comment pouvez-vous être certain que ce texte est bien de moi ?

Alors qu’elle rend la lecture et l’écriture bien plus difficiles, la technologie facilite, en revanche, la publication, la diffusion et la reproduction. Il faut s’attendre à des problèmes nouveaux. Ainsi, l’on peut produire et publier, sans avoir ni lu ni écrit, et avec une très bonne cadence. Des outils de traitement automatique de la langue (sur le marché libre) permettent d’apporter quelques modifications rendant le texte d’origine méconnaissable, tant il y a de sources similaires aujourd’hui. Il suffit ensuite de lui donner une touche personnelle.

Alors, devons nous faire le procès de la technologie ? Dans certaines sociétés, l’on reproche aux occidentaux de causer des dysfonctionnements en intégrant des techniques nouvelles trop rapidement. Il semble que l’on puisse faire le même constat dans l’enseignement. Les acteurs de l’éducation n’ont pas le temps de s’approprier une technologie, que déjà en apparaît une nouvelle. Le temps passé à concevoir des séquences pédagogiques combinant l’utilisation de cette nouvelle technologie, parfois, sans nécessité aucune, avec la médiation d’un contenu, fait souvent oublier le problème de l’évaluation. Celle-ci doit être repensée en fonction de cette nouvelle technologie et de toutes celles à disposition de l’apprenant. Ainsi faudrait-il se demander comment différencier l’utilisation et l’appropriation par l’apprenant de la technologie de celle du contenu. Pour éviter des pertes de temps monstrueuses, ne cherchez pas à retrouver un texte d’origine à celui-ci, mais je vous laisse dans le doute.

Il fut un temps, au Moyen Age, où l’oeuvre originale était suspecte, tandis que la reproduction inexacte avait toujours bien plus de valeur, la citation de la source réelle n’était nullement nécessaire. Il fallait respecter un protocole de discours et que ce discours ait un air de déjà entendu. Il semble que ce temps soit revenu, avec toutefois une différence notoire, à l’époque, la technologie médiatisante faisant défaut, pour la copie, il fallait écrire et pour la production audio, il fallait connaître le contenu par coeur.

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